Le Championnat de France de Dégustation de Spiritueux a changé de dimension en 2026. Pour répondre au nombre croissant de candidats, les organisateurs Luc Crosnier et Valentin Audurier ont mis en place une phase qualificative avant la finale.
À son issue, vingt dégustateurs (dix issus des qualifications et les dix meilleurs des années précédentes) ont finalement pris place autour des tables, avec un objectif commun : aller le plus loin possible dans une série d'épreuves exigeantes et variées.


C'est dans la Salle des Alambics du Centre International des Spiritueux, à Segonzac, que la journée a débuté, le CIDS prenant cette année la place de partenaire principal de l'événement. De grands noms figuraient par ailleurs parmi les marques partenaires sans lesquelles rien ne pourrait avoir lieu : Armorik, Neisson, Savanna, Dartigalongue, Buffalo Trace ou encore Christian Drouin (liste complète ici). Face à plusieurs verres anonymes, les concurrents devaient mobiliser leurs connaissances pour identifier l'origine des spiritueux, leur style, leur degré d'alcool ou encore leur durée de vieillissement.

Plus tard, l'habileté olfactive était mise à contribution avec un défi consistant à associer des verres à des bouteilles uniquement grâce au nez.
L'épreuve de rapidité, elle, ne laissait aucune place au doute : quelques minutes seulement pour se prononcer et accepter l'idée qu'il faudrait parfois suivre sa première intuition.
Si ces exercices demandaient concentration et expérience, la finale changeait la donne. Les cinq meilleurs de la journée étaient invités à monter sur scène pour un grand oral face à un jury et au public.

Trois verres à l'aveugle. Trente secondes pour prendre ses repères, puis trois minutes trente pour commenter sa dégustation, détailler ses impressions et expliquer son raisonnement. L'enjeu n'était plus seulement d'avoir la bonne réponse, mais de rendre logique et compréhensible le chemin qui y conduisait.
À cet instant, la technique laisse une large place à l'humain. Le trac s'invite, les battements de cœur s'accélèrent et les automatismes prennent le relais. On s'accroche à un souvenir aromatique, on hésite entre deux pistes, puis on tranche sans savoir si l'on vient de réussir un coup de maître ou de commettre une erreur décisive.
Au moment de l'annonce des résultats, la satisfaction l'emporte largement sur la déception éventuelle. C'est finalement Alric Perrin qui s'est imposé, devant Jean Pasquet et Adrien Barbouth.

Derrière le classement, ce sont surtout l'intensité de l'expérience, la générosité des bénévoles (qui ont réalisé un travail exemplaire) et la complicité entre passionnés qui restent en mémoire.
Pendant quelques heures, la compétition a compté, mais ce sont les échanges, les découvertes et l'émotion partagée qui donnent à ce rendez-vous sa véritable saveur.

